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5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 07:38

COPISTE                                       

              Écrivain qui,dans les scriptoriums* anciens  copiait les textes et réalisait les manuscrits avant l’invention de l’imprimerie.

              Certains scriptoriums en employaient de très nombreux (mais,parmi eux quelques uns étaient seulement  de passage pour recopier  des textes dont l’original ne pouvait quitter l’abbaye) et leur activité fut intense au sein des abbayes du XII° au XIV° siècle époque à laquelle elle devint une activité profane(il y avait 24 copistes laïcs à Paris en 1292) les scriptoriums des abbayes s’employant alors à la rédaction des nombreux documents nécessités par l’activité de leur ordre devenue quasi industrielle pour certains ...

              On peut , à titre d’exemple indiquer quue ,à l’époque de l’apparition de l’imprimerie il y avait plus de dix mille copistes pour les seules villes de Paris et d’ Orléans .

                                     Les copistes avaient leur démon attitré:Titivillus*, parfois représenté par les enlumineurs,  qui tenait le compte de leurs fautes en vue du jugement dernier...      

              Le copiste réalisait en moyenne de 3 à 6 folios in/quarto par jour et ,dans une vie pouvait  copier une quarantaine de livres...(la copie d’ne bible prenait plus d’une année...)

              Ce n’est que grâce au  travail des copistes (qui représentaient souvent entre la moitié et les trois-quart des effectifs d’une abbaye ) que beaucoup de textes antiques nous sont parvenus...

              Le travail du copiste était pénible en raison de l’immobilité,du froid ,de la mogigraphie* ou crampe* de l’écrivain , ,de l’inconfort des sièges etc ....et de nombreux copistes s’en sont plaint à mots couverts (et parfois même ouvertement...) dans les colophons* terminant leur manuscrits:”Excripta haec cum tremula adhuc manum” écrit l’un d’eux en 1519 (J’ai terminé d’une main tremblante ....) rejoignant dans sa supplique ,et sans le savoir, la plainte d’un scribe de Sumer qui écrit :“ De tous les métiers humains que le dieu Enlil à nommé....il n’y en a pas de plus difficile que l’art du scribe ...”

              Il semble cependant que l’on n’ait pas réellement chercher à remédier à cette   pénibilité  , celle-ci étant considérée comme un des éléments permettant d’assurer le salut éternel ,certains auteurs (Le Goff : “ Les intellectuels au moyen-âge “ ) y voyant même la motivation principale de l’acte de copier .

              Les copistes n’étaient pas tous de fins lettrés et certains recopiaient les textes sans vraiment  les comprendre : c’est ainsi qu’un manuscrit portant ,dans ses marges*, des annotations à caractère utilitaire et domestique, fut entièrement recopié,notes comprises, par un copiste ignorant.....les mentions en grec n’étaient  pas non plus comprises et , laissées telles quelles ,faisaient l’objet d’une mention dans les marges  (Voir : «  Grec* «  )

              Pour ce qui est des instruments utilisés on en a une idée précise au travers de nombreux textes , parmi lesquels on peut citer Guignes le Chartreux  qui  écrit en parlant du copiste : “ ...on lui remettra un encrier, des plumes , deux pierres ponces , deux cornes,un canif, deux rasoirs pour racler le parchemin ,un poinçon ordinaire  et un autre plus fin ,un crayon de plomb, une règle,des tablettes et un stylet “

              Dans l’occident chrétien les femmes -copistes ne furent  qu’en nombre restreint : il y  en  eût cependant quelques unes  et les écrits de Gruter et d’ Origène en portent témoignage de même que la directive d’avoir à se livrer à la calligraphie *  que saint Césaire donna au couvent de femmes qu’il fonda en Arles à la fin du V° siècle …bien qu’il soit parfois difficile de distinguer les simples copistes des écrivains , on peut citer  les religieuses  Eufrasie à Florence , Agnès  ,clarisse de Klingen, Marguerite à Bruges , et les laïques Marie Michel  et Marie Coppin

              Le monde musulman en fut ,semble-t-il, plus prodigue puisque ,à l’époque de l’occupation arabe de l’Espagne , 170 femmes -copistes travaillaient dans les  faubourgs de Cordoue à transcrire le coran en caractères coufiques *.

                                     Le mot  désigne aussi la personne recopiant des textes sans intention de tromperie

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