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19 juillet 2017 3 19 /07 /juillet /2017 08:46

 

AUTODAFÉ  ou AUTO-DA-FÉ       

           

             A l’origine , l’autodafé était une cérémonie grandiose et solennelle instituée par l’inquisition espagnole pour mettre en scène de façon spectaculaire  l’abjuration des personnes convaincues d’héréticité,l’exécution des condamnés à mort n’ayant jamais lieu au cours de cette cérémonie mais en un autre lieu après remise des condamnés au bras séculier .

 

            Puis peu à peu et avec l’affaiblissement du pouvoir de l’inquisition , le mot en est venu à désigner la cérémonie beaucoup plus modeste au cours de laquelle étaient détruits des livres censurés .en vertu d’un jugement de l’inquisition ou de la justice.

            Les attendus des jugements condamnant ces livres ne laissent parfois pas de surprendre par le nombre de qualificatifs stigmatisant leur contenu : «  Hérétique, schismatique,erroné,violent,blasphémateur, impie ,attentatoire   à l’autorité et aux bonnes mœurs, perturbateur du repos des empires  etc….etc….

 

            Le mot a aussi servi à désigner les destructions volontaires opérées à titre préventif par les possesseurs de livres prohibés se sentant manacés de découverte …il s’agit alorsd’un «  Auto- Autodafé «  ….

 

            Les modes opératoires les plus courants sont le feu et la lacération mais les autodafés,parfois aussi nommés «  Bibliocaustes * «  , ont pu prendre d’autres formes , comme , par exemple en 1204 , lorsque les croisés défilèrent dans Constantinople avec , au bout de leurs piques des livres , des encriers et tous les attributs de la “ chose écrite  “ .

 

            Les autodafés de livres sont innombrables dans l’histoire et sont aussi ancien que l’écrit ....

 

            On peut d’abord citer la bible * qui rapporte l’action de Paul faisant brûler à Ephèse  les livres des nouveaux convertis scène représentée dans un tableau conservé au musée de Bruxelles .     

 

                            L’un des plus importants fut initié par l’empereur chinois  Zheng (ou Houang-Ti ?..)qui , en 221 AJC (-213 selon d’autres sources ..)fit détruire toutes les bibliothèques  privées et enterrer vivants 500 lettrés , provoquant la perte de millions d’ouvrages.

La dynastie des Han étant parvenue au pouvoir 7 ans plus tard quelques livres   échappèrent toutefois au massacre  et purent réapparaître plus tard au grand jour mais sans que quasiment personne ne sut les lire ce qui entraîna l’appellation de “ Têtards *  “ pour qualifier cette écriture devenue inconnue .

            Le souvenir de cette action fut perpétué dans la locution proverbiale  “ Fenshu Kengju  “ (“Brûler les livres et enterrer les lettrés “ ) qui désigne toute action un peu déterminée ou  radicale .

            Au XVIII° siècle l’empereur chinois Quianlong fit éliminer un nombre considérable de livre et détruire plus de 68000 planches gravées ... (La civilisation chinoise se caractérise d’ailleurs par un recours constant à l’autodafé , y compris à des époques trés récentes ...)

            Le monde oriental n’en fut pas exempt comme , exemple parmi d’autres, lorsque le calife Othman  fit brûler toutes les versions du Coran  antérieures  à la «  Recension * «qu’il avait fait établir vers  650.

            En Europe les autodafés eurent deux principales  causes :

                        -Religieuses tels ceux ordonnés par l’inquisition  ou par des autorités royales comme , par exemple , l’épouse de Chilpéric1° qui fit brûler les registres d’imposition du royaume car elle était persuadée que la mort de ses enfants au cours d’une épidémie était une malédiction due à la lourdeur des impôts.ou l’auto-dafé que le moine Savonarole organisa à Florence  le 7 Février 1497   pour brûler une pyramide de livres mesurant  20 mètres de haut et de 90 mètres à la base  ….

                        -Liès à la censure * :au XVIII° siècle ,les autodafés  étaient exécutés par le bourreau au pied du grand escalier du palais de justice à Paris mais avaient souvent l’effet inverse de celui escompté en provoquant une forte diffusion clandestine du livre , comme ce fut , par exemple , le cas pour “Les inconvénients des droits féodaux “ de Valade qui ,brûlé en 1776 par ordre du parlement , parut sous le manteau  la même année avec in-fine l’arrêt de condamnation du parlement et la copie de la “ Défense aux libraires “ ...

            Diderot cite à ce propos dans sa “ Lettre sur le commerce de la librairie “ (1767) ce mot d’un imprimeur devant un autodafé :”   Bon !! encore une édition   !!   ”

            On peut aussi à ce propos méditer la pensée d’ Emerson : »Tout livre brûlé illumine le monde «  (in « Compensation « -1841)               

 

            Il est parfois arrivé que l’auteur soit éliminé en même temps que le livre:c’est par exemple le cas du médecin Espagnol  Michel Servet  brûlé,sans doute coiffé du “ Carocho * “, avec son oeuvre”Christianismi restitutio” à Genève en 1553 (après avoir échappé au bûcher à Vienne ...) de Claude Le Petit brûlé en 1665 après avoir eu le poing droit coupé  pour avoir publié “ Le bordel  * des muses  “  mis en cause les précieuses et fait des allusions au “ vice italien “ de Mazarin  ou du chevalier de la Barre sur le torse duquel on cloua le 1° Juillet 1766 son exemplaire du  «  Dictionnaire philosophique  de Voltaire » avant de le mener au bûcher .

 

            Parfois la dépouille mortelle de l’auteur est exhumée pour subir des outrages....en 1625 Urbain VIII fit ainsi exhumer le jésuite Marc Antoine de Dominis et brûler avec celui-ci le “ De Républica ecclesiastica  “ qu’il avait écrit ; plus prés de nous on exhuma et brûla  Léon Tolstoï lors de la seconde guerre mondiale..

 

            Les initiateurs de ces holocaustes  auraient sans doute adhéré à l’opinion de l’écrivain Hilaire Belloc qui écrivait  qu’ “ il vaut mieux brûler l’écrivain que les livres  “

 

            Mais ce peut-être aussi le lecteur qui est la victime   comme pour le Chevalier de  La Barre  qui fut brûlé en 1766 ,sa tête reposant sur  le “Dictionnaire philosophique “ de Voltaire que l’on avait trouvé dans sa chambre ...

                           

                        Il va sans dire que, lorsqu’ils  existent ,les exemplaires ayant échappé aux flammes des autodafés son très recherchés..(pour le cas de Servet trois exemplaires survivent  dont l’un ,ayant appartenu au juriste génevois Colladon porte encore les traces du feu .).

 

            Les imprimeurs en furent aussi parfois les victimes: par exemple  Etienne Dolet ,imprimeur Lyonnais,brûlé,avec ses livres, le 3 Août 1546,place Maubert, pour avoir publié Platon ,Marot,Erasme et Rabelais...et dont le supplice aurait suscité la dernière * phrase sans douteapocryphe “ Dolet quisque dolet ,non Dolet ipse dolet  “ ( “ Chacun plaint Dolet , Dolet lui-même ne se plaint pas ! “ )         Heine a dit à ce propos :”Chaque fois qu’on brûle des livres ,on brûlera aussi,à la fin , des êtres humains.”

 

                       On pourrait également citer Larcher  pendu en place de Grève en 1694 ,Lemonnier  “ battu et fustigé nu   “ puis condamné à 9 ans de galères en 1664,Moëtte qui fit amende honorable , le corde au cou ,puis 5 ans de galères en 1691 etc ...etc .....

 

            Dans d’autres cas ce sont des opposants qui brûlent les écrits de leurs adversaires et l’un des cas les plus célèbres est celui de Luther brûlant la bulle* du pape Léon X “ Exsurge Domine  “ .

 

            Certains autodafés ont fait disparaitre le meilleur  des livres d’une civilisation ...c’est le cas des Mayas dont de trés nombreux  documents écrits ont été détruits dans l’autodafé de Mani ( 12 Juillet 1562 )  ordonné par Diego de Landa .(voir: “Américaines * (écritures ...)

 

            Il arrive que ce soient les auteurs eux-mêmes qui détruisent volontairement leurs œuvres dans un “ Auto* autodafé “   c’est ainsi que Virgile fut tenté de détruire l’” Énéide  “ ,que  Pierre de L’Estoile jeta certains de ses livres dans le bûcher de la Saint Barthélémy ,que   Descartes sacrifia son “ Traité du monde  “ pour ne pas risquer de poursuites  , que La Fontaine ,convaincu (?) par l’abbé Pouget brûla un certain nombre de ses écrits inédits en 1693 ...et mourut deux ans plus tard ,que Claude Gilbert détruisit « Histoire de Calejava ou de l’isle des hommes raisonnables »en 1700, que l’ abbé Jean de Roussy racheta et fit détruire,vers 1740, tous les exemplaires de son “ Aurélia ou Orléans délivrée  “ qu’il avait faussement prétendu avoir tiré d’un poème latin , que Nachman brûla son traité du “ Livre brûlé “ , le “ Sefer ha-nisraf  “ vers 1750 ,que Nicolas Gogol brûla certaines de ses œuvres d’abord en 1829 puis en 1852, que Balzac dépensa beaucoup d’argent pour faire disparaître “Histoire intellectuelle de Pierre Lambert “ (1833),que Kafka demanda à ses amis(qui n’en firent rien ..)  de brûler ses œuvres inédites  , que Rimbaud détruisit une partie de l’édition de “ Une saison en enfer  “ dont il était mécontent ...sans régler son éditeur qui en conserva une partie qui fait la joie des bibliophiles d’aujourd’hui ....et qu’Aragon brûla en 1927 son œuvre maîtresse “ Défense de l’infini” ,action  qui fut pour lui une véritable tragédie.

 

            Parfois ce sont les lettrés ou les lecteurs  qui détruisent leur bibliothèque, soit par crainte de persécutions soit pour les empêcher de tomber en des mains jugées impures : les empereurs chinois Yuan Di en 554 et Houzhu  brûlèrent ainsi des milliers d’ouvrages ..

 

            Dans d’autres cas c’est une famille qui , dans le but d’effacer la mémoire d’un évènement gênant, recherche pour les détruire les publications qui en ont parlé :une tentative de destruction de tous les exemplaires du  Mercure de France fut ainsi  faite,au XVIII° siècle ,  par la famille d’Epernon pour effaçer la mémoire d’une humiliation subie par l’un de leurs ancêtres au siècle précédent ..

            Dans le même ordre d’idée on peut signaler le geste de Mme. De Grignan détruisant après la mort de sa mère Mme. De Sévigné un certain nombre de lettres jugées « incorrectes «  , de l’épouse de Jules Renard expurgeant son journal  avant publication et brûlant le manuscrit original , ou de la famille de Paule de Viguier qui fit détruire  presque tous les exemplaires de la «  Paulegraphie «  intitulée « De la beauté «  écrite par Gabriel de Minut en 1587 parce que cette œuvre donnait une description par trop précise des charmes physiques  de la personne décrite .

            Mais l’on peut aussi mentionner Balzac détruisant à sa demande les lettres de madame Hanska , la destruction d’une  certaine «  Lettre pour lire au lit «   que Vigny avait adressée à  Marie  d’ Orval et bien d’autres …

 

            Parfois encore certaines personnes se mettent en tête d’”assainir  “ ou de “moraliser “ la société et recueillent le plus d’ exemplaires possible du genre qu’ils abhorrent dans le but de les détruire ...c’est ainsi que lors de la vente des livres du bibliomaniaque * (Voir à ce mot )  Boulard on trouva une pièce entière remplie de “ Curiosa  * “ que sa mort prématurée ne lui avait pas laissé le loisir de détruire ....livres  qui s’empressèrent de rejoindre les circuits de la curiosité auxquels ils avaient  été un moment  soustraits !

 

            Il fut aussi autrefois d’usage de brûler livres et papiers d’un défunt (ausquels étaient parfois jointes des lettres de ses amis ...)afin de permettre à celui-ci de les retrouver dans l’au-delà (ses amis écrivaient même des lettres qu’ils incinéraient eux-mêmes lors des obsèques rejoignant en cela la coutume indienne  des “ Papiers de sacrifice *  “ .

 

            Dans certains autres cas,les ouvrages visés n’étant pas disponibles ce sont des livres  symboliques qui sont brûlées : en 1817 à Iéna des étudiants pangermanistes procédèrent à un tel autodafé au cours duquel ils brûlèrent des copies grossières ne comportant que le titre .

 

            Dans d’autres cas encore  il y a eu tromperie et ce sont des copies qui ont été détruites ...philippe IV le Bel brûla ainsi  en 1302 , une copie de la bulle “Ausculta fili “  de Boniface VIII  et conserva l’original ....

            Théodore de Bèze mentionne dans son «  Histoire ecclésiastique des églises réformées  … »(Leleux 1581) un cas d’autodafé survenu à Autun en 1555 ou «  …quant à leurs livres ,on fourra  eu lieu d’iceux dans les balles de vieux registres et papiers  et furent les livres partagés entre quelques uns de la justice et un nommé Guillaud docteur de Sorbonne »         

            Peut -on ,dans ces cas particuliers  parler d’autodafé ?...il semble que oui ...mais la question est posée ...!

 

            Parfois , l’autodafé fut une pratique individuelle , comme , par exemple , dans le cas de Napoléon qui jettait au feu ou par la porte de son carrosse les livres qui lui déplaisaient ...mais qui pratiqua aussi la chose sur une plus vase échelle comme , par exemple , lorsqu’il fit détruire l’ouvrage de Paul Panckouke “ Mentor à Tyrinthe  “ (1802) qui sous les aspects d’un ouvrage grec ancien était une satyre de la révolution ou le livre « De l’Allemagne «(1810) de la baronne de Staël qu’il jugeait hostile à la France .

 

           Parfois , ce fut aussi un dédicataire  qui , mécontent de la dédicace * fit racheter le maximum d’ouvrages pour les détruire comme pour les »Mémoires turcs » de Claude Godard d’Aucourt (1776) dont l’épitre ironique à Mademoiselle Duthé avait  déplu à celle-ci …

 

            De nombreux écrivains se sont élevés contre les autofafés mais aux périodes ou ils étaient pratiqués la chose demandait une certaine prudence ... mentionons:

 

            -Philippe Desportes qui composa une épigramme pour protester contre un “ Autofafé “ d’un sonnet d’amour imposé par sa maîtresse  : “ Vous m’avez fait jeter au plus vif de la flamme  un sonnet que , du Cœur l’amour m’a fait sortir ...”

 

            -Un ouvrage de «  Mélanges «  anonymes paru chez Jacques Lenoir en 1683 et  donnant le «  Secret d’empêscher aux Jésuites de bruler les livres « 

 

            - Victor Hugo qui fustigea dans “ L’année terrible  “ les autodafés de la commune : “ Quoi ,dans ce gouffre de bibles , dans la divin monceau des Eschyles terribles,des Homères ,des Jobs ......tu jettes ,misérable,une torche enflammée !  “

 

            -Gœthe qui dans « Poésie et vérité «(1810)dit avoir souffert de voir «  …comment on punit un objet inanimé « 

    

            -Une poétesse anonyme citée par Fernando Baez dans son ouvrage sur la destruction des livres : «  Chaque livre détruit est un passeport pour l’enfer « 

            Quelques autres l’ont justifié tels le Rabbi Nachman qui écrivait “ Brûler un livre , c’est apporter la lumière au monde “

 

            On pourrait croire que la pratique de l’autodafé est chose ancienne mais , si l’on se souvient qu’il fut encore pratiqué en 1861 en Espagne ou l’on brûla  des ouvrages spirites de Lachâtre,  par le régime Nazi , par les Etats-Unis qui brulêrent en 1920 des exemplaires d’ Ulysse de James Joyce ,par le Franquisme ,par Mussolini (80000 livres à Naples ..) , par Mao (le “ Petit livre rouge “ a été imprimé sur le papier provenant de la destruction de centaines de milliers d’ouvrages...)  par Pinochet  au Chili (1973) et ,encore à l’extrême  fin du XX°, siècle en Angleterre ou les “Versets sataniques “ de Salman Rushdie furent brûlés par la communauté pakistanaise on peut s’attendre à la revoir surgir ici ou là dés qu’un régime fasciste ou totalitaire est au pouvoir ....et les dernières destructions d’œuvres intellectuelles  effectuées en 2014/15 par les islamistes et Daech  ne font que confirmer la chose …

            Bien que les modes opératoires diffèrent selon les pays , l’autodafé est toujours ritualisé pour frapper les esprits et c’est ainsi que , lors des autodafés nazis des récitants proclamaient d’un ton solennel des incantations jetant l’anathème sur  les auteurs des livres brûlés 


           

Aussi bien organisés soient-ils , les autodafés ne sont pas infaillibles et il est constant que des catégories entières d’ouvrages y échappent comme pour les « Krimi * » ,romans policiers publiés sous le régime nazi , qui ,    considérés par les nazis  comme une sous-littérature, échappèrent  durant assez longtemps à la  censure  et aux autodafés *

 

           

            Lors des autodafés massifs  des résistances se sont parfois manifestées , comme ce fut , par exemple , le cas en 1934 à Paris ou un groupe d’allemands ayant fui le nazisme , constitua une «  Bibliothèque allemande  des livres brulés « qui fut détruite en Juin 1940 dès le début de l’occupation allemande .

 

            A côté des autodafés réels il existe des autodafés virtuels ou désirés comme ,  le rêve de nombreux écoliers de brûler leurs cahiers (...et leur instituteur) concrétisé dans la chanson de fin d’année  traditionnelle : “ Les cahiers au feu* et le maître au milieu “ , rêve annuellement concrétisé par les étudiants  de Harvard qui , à la fin de leurs études brûlent rituellement les livres de leur dernière année ..

Et fantasme  exprimé par Sébastien Mercier  qui dans «  L’an 2440 «(1770)  rêve de l’autodafé « de tous les livres que nous avons jugés frivoles ou inutiles ou dangereux …..de cinq ou six cent mille dictionnaires,de cent mille volumes de jurisprudence…. »

 

            Il faut également signaler une forme rituelle d’autodafé religieux qui fut pratiquée jusqu’à une époque récente dans certaines régions (Alsace …) qui consistait, après avoir assisté à un office spécial ,  à brûler le premier samedi précédant Pâques  tous les livres , images ou objets religieux usagés, rejoignant en cela la tradition juive des «  Génitzas * «

 

            Pour conclure sur une note plus optimiste signalons que quelques poètes ont prôné une destruction allégorique des livres pour  inciter les auteurs à écrire sans idées préconçues et c’est dans cet esprit que Charles Guerrois écrivait en 1903 :

 

                                               “Jette au feu des bûchers les feuillets lumineux

                                               Pour les poètes sois haineux

                                               Fais de la cendre avec les antiques histoires

                                               Comme avec les modernes gloires...

                                               ....De la cendre refais le livre , la parole,

                                               Ce qui marche et luit, tonne et vole”

 

            Plus concrètement on peut espérer que des œuvres architecturales comme celle,commémorant le Bücherverbrennug * , autodafé de 1933, que le sculpteur Micha Ullman érigea en 1995 sur la Bebel Platz  de Berlin - une colonne de lumière jaillissant d’une bibliothèque vide et enterrée - contribueront à faire prendre conscience de la préciosité des livres , de tous les livres ....

 

              Remarquons enfin que l’idée si répandue que les bibliothèques brûlées ne contenaient que d’inestimables chefs-d’œuvres est assurément  fausse …ces bibliothèques ,y compris celle d’ Alexandrie ,devaient,  comme toutes les autres contenir une bonne quantité d’ouvrages sans intérêt  et n’ayant pas été consultés depuis des lustres !!

 

            Pour conclure méditons cette réflexion de Benvenuto de Imola qui , visitant la bibliothèque laissée à l’abandon du monastère du Mont Cassin s’exclama : « Nunc ergo ,ô vir studiose,frange tibi caput faciendo libros !! « (« Et maintenant ,ô homme savant ,casse toi encore la tête à faire des livres ! « )

 

            Il existe bien sûr des bibliographies recensant les livres ainsi détruits comme , par exemple , « Dictionnaire critique ,littéraire et bibliographique des principaux livres condamnés au feu «  de Gabriel Peignot (1806)ou certains catalogues de libraires spécialisés comme « Le bûcher bibliographique «  publié par  la librarie Paul Jammes en 1967 et qui recense 916 ouvrages ayant péri dans des autodafés. 

 

           

            On peut (rarement ...) rencontrer le synonyme “ Biblio-Holocauste  “ parfois abrégé en «  Bibliocauste * «               

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