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19 juin 2017 1 19 /06 /juin /2017 07:57

Que ceux qui trouveraient le sujet inconvenant  ou hors de propos zappent !

La scatologie existe et a suscité depuis la nuit des temps de si nombreux écrits qu'il serait bien hypocrite  de l'ignorer !!

 

SCATOLOGIE  

                   Catégorie d’ouvrages , essentiellement littéraire car  le théâtre est resté plutôt muet  dans ce domaine  , ou il est essentiellement  question des fonctions d’excrétion , des excréments*.,des pets*,des étrons*  etc ...

                   La littérature ,si elle demeure fort discrète de nos jours sur ces contingences  naturelles , n’a pas toujours eu ces préventions et  nombreux furent  les auteurs  anciens  qui y firent allusion , voire les célébrèrent ....                            

                   Ces ouvrages,pas si rares et qui ont leurs amateurs ,doivent ils être classés dans le genre plus vaste du curiosa* ? la question est à trancher et peut sans doute l’être de différentes façons comme l’ont constaté les auteurs de “ histoire anecdotique du pet  “ qui , enquêtant dans les années 90 pour la rédaction de leur livre, ont trouvé livres et documents classés  dans la scatologie  , la fantaisie , le burlesque ,le divers ou .... le “ régionalisme  “ certaines régions  ( Soissons et ses haricots  par ex.. ) se prêtant plus que d’autres à des variations hasardeuses sur ce thème .

                   Dans les catalogues * et les bibliothèques ces  ouvrages sont  classés sous des rubriques diverses allant de   “ Scatologie *  “  , “ Merdiana  *  “ et  Coprologie   *  “  aux moins courants “ Pétériana  *  “,” Foiriana * “ ,” Foiropédie *   “ , “ Chiropédie  *   “ ,”Crépitophilie *  ”, « Coprographie* « , »Étronologie* « , « Anthropomerde * « , « Pissologie *«   en passant par des néologismes très expressifs comme “ Péterie “ ou “ Prout -prout caca  “ .....

                   Il existe , bien sûr , des bibliographies spécialisées dont l’archétype est « Bibliothéca Scatologica «   de Jamet, Payen & Veinant (1849)

                   Parmi la multitude d’œuvres  scatologiques on peut citer :

                   -Les œuvres de Malézieu trés prisées lors des divertissements de Sceaux : “ Purgopolicine  “ ,”La tarentule “etc ...

                    -” De la manière de chier  “  dissertation lue à l’académie de Troyes le 28 Mai 1743 par le sieur “ M****”

                   -” Caquire  “ qui est une parodie scatologique du “ Zaïre “ de Voltaire écrite par un certain    Bécombes, alias M.de Combles,   ,(ou M. de Vessaire sur certaines éditions ..) publiée « à Chio , imprimerie d’ Avalons « en 1866 « dont les personnages se nomment Cucumane , Pupartout,Foirine, Puputant  ,  Caquire   ,    Merdillon  ,  Crotennais    ou  Mededor  .....  etc ...et dont la 2° édition de 1780 est dite « Considérablement emmerdée «  

                   -”La Chézonomie “ ou l’art de chier de Charles . Demard (1806)…imprimé par précaution  sur peau de velin impropre à l’emploi comme aniterge *… !

                   -”Merdiana ou Manuel des chieurs “d’Alphonse de Martainville    (anonyme  vers 1808 repris en 1845 )

                   -”Tartaretus de modo cacandi  “ cité par Rabelais mais qui paraît imaginaire ....

                  

                   -”L’art de péter “ ,traduction de “ de Peditu “ de G Dornau (?)(1619) par  P.T.N.Hurtault(1776) qui est une parodie de “ L’art poétique  “ de Boileau

                               -“Zéphyr artillerie “ anonyme  du XVIII° siècle qui “ se trouve dans la poche de ceux qui le condamnent ..”

                   -« Mémoires de l’académie des sciences …nouvellement établie à Troyes en Champagne .. » par P.J. Grosley (1756) qui sous un titre anodin cache un texte scatologique .

                   -« Histoire secrète du prince Croqu’étron et de la princesse Foirette « de Mlle.de Lubert ( 1873)

                   Pétériana  ou l’art de péter,vesser et roter « réédition en 1883 de l’ouvrage de1778 « rédigé par un merdeux,au pays des bonnes odeurs chez Pète-en-l’air , libraire-éditeur….

                   -« Guide du prussien ou manuel de l’artilleur sournois,à l’usage des personnes constipées …. » (1818)

 

                                         Les salons* et clubs* du XVIII° siècle ne furent pas en reste dans le genre et, dans certains  ,entr’autres celui de Mme. Quinault , il était d’usage à la fin du repas de congédier les domestiques pour se livrer à l’aise à une surenchère scatologique et érotique , dûment consignée par écrit  et dont certains extraits nous sont parvenus : “ Recueil de ces messieurs “ , “ Échos de la Saint Jean  “ , “ Œufs de Pâques “ , “ Fêtes roulantes “etc ...etc ...

                                               -Parmi  les quelques 2000 lettres que Mozart écrivit à sa cousine Maria Anna Thekla Mozart  vers 1780  il en est une dizaine dans lesquelles  il se laisse aller  à la scatologie la plus débridée : « Je te chie sur le nez et ça te coule sur le menton .. », « Ah ! Mon cul tu me brûles comme du feu ! « , »Avant de vous écrire  il faut que j’aille  aux cabinets ? Voilà c’est fait !Ah ! Je me sens de nouveau le cœur léger ! », « Venez sans faute , sinon c’est la merde :je pourrai alors …vous fouetter le cul…tirer du fusil postérieur , vous donner des lavements par devant et par derrière ..laisser résonner un pet solide … » etc …etc …

 

                                               -À la même époque a duchesse d’ Orléans écrit à l’électrice de Hanovre : « Vous êtes bien heureuse d’aller chier quand vous voulez …ici , je suis obligée de garder mon étron pour le soir ! « en recevant la réponse « C’est un plaisant raisonnement de merde …il paraît que  vous ne connaissez guère de plaisirs  puisque vous ignorez  celui qu’il y a à chier :! «

 

                                  -Les comptes-rendus de rencontres  fort sérieuses  comme ce  colloque  de deux jours tenu à New-York en 1967  ou l’ouvrage ”Wind breacks “ (“Quand le vent souffle  “ [1961] ) trés sérieux ouvrage du gastro entérologues Terry Baliss et de la nutritionniste Rosemary Stanbon , le spécialiste reconnu en la matière étant Michæl Levitt de Minneapolis .    

                                          Et une foule d’ouvrages populaires tels que “ Modo cacandi prudenter “ , “ Zéphir-Artillerie “ , “Société des francs-péteurs “ la plupart anonymes ou  publiés sous un anagramme * transparent tel “le bonze Luc-Esiab “ .

                   Tout comme pour les ouvrages érotiques * ou le curiosa * les mentions d’éditeur , d’auteur ou de lieu  font souvent appel à des métaphores ou à de douteux jeux de mots  comme par exemple : “ Seigneur de la chaise et autres lieux ..” pour l’auteur  , “ Traduit par trois savants  en us  “ ,’”ouvrage disposé dans l’ordre des lettres K,Q, P“     , “ dédié à Mr. Scatopolis  “ “ vendu chez les marchands d’aniterges  * “  , “ imprimé sur papier scatochrome  “  , “ Imprimé à Foiriana  ou rue de la torchette “  “ ,” à Merdianapolis “ , “ Au bureau ou chez la mère des vidangeurs “ , “ Rue du pet en gueule  “ , “ Au Soufflet  “ , “ Au pays des bonnes odeurs  “ , “ Pète-en-l’air , libraire éditeur “ , “ à Chio  “  ,” “ “ Foiropolis “,” Scoropolis  “ , “Merdiphopolis “ , “ Foirencul  “   ou “ Étronopolis  

                   Les personnages mis en scène ont eux aussi des noms évocateurs tels que : “ Cucumane“ , “ Puputant “ , “ Caquire  “ , Foirine  “ , Merdillon “ , “ Crotennais  “  ou “ Mededor “ .....

                   Le genre a , bien sûr ses bibliographies  spécialisées ...

                   Présent de façon constante dans la littérature depuis très longtemps , il a connu des périodes d’engouement et aussi , de relatif oubli ....

                   Le moyen-âge en fut friand et les écrits comportant des passages scatologiques y furent innombrables et sont encore assez mal connus car de nombreux chartistes du XIX° et du  début du XX° siècle les jugeant malséants  ne les ont pas traduits .

                   Les auteurs de ces écrits , agissant à visage découvert aux époques ou ils étaient admis , prirent des pseudonymes * lorsque la société devint plus prude .

                   Ces préventions, bien que très atténuées aujourd’hui,n’ont cependant  pas encore totalement disparu ...

                   La période révolutionnaire lui donna une vogue éphémère avec le genre “ Poissard  *  “  et il connut un regain de faveur au début du XX° siècle avec la mode de “ L’humour gras  “ et du “ Comique troupier  “ et on peut en citer comme exemple cette “ Chanson d’ Augustin “  à dire avec l’accent auvergnat  en prononçant  les “ S “ Comme des “ CH  “ ...que l’on en juge :

                   -Tu étais bon et brave scieur de long Augustin

                   -Tu sciais le jour , tu sciais la nuit .....

                   -Tu sciais partout...

                   -C’est toi qui scias le plus gros tas...

                   -Ne plus scier ,quel atroce supplice ...            -etc ...etc ....

                   Si la plupart des auteurs ayant œuvré dans  ce genre sont restés ignorés quelques écrivains célèbres ne l’ont pas , à l’occasion, dédaigné dussent-t-ils en pâtir  comme  Piron au sujet duquel on raconte  qu’en  1744  une ode intitulée “ L’étron royal “  lui  valut un  échec à l’académie française ou  Henri de Régnier à qui l’ épisode scatologique commençant  “ Les rencontres de M. de Bréot “ (1904)  valut , lors de sa réception à l’académie française en 1911, d’être fort malmené dans le discours de réception que prononça Albert de Mun.....

                   Pour rester dans le domaine de l’académie , signalons cette réflexion d’Aurélien Scholl à l’évocation d’une possible élection de Zola  : “ C’est impossible ! Il faudrait percer le fauteuil !  “

 

                   -Le grand Victor Hugo ne fut pas en reste qui écrivit sans fard ni fausse pudeur une « Ode à la merde « que n’aurait sans doute pas reniée Rabelais …:

 

                   Je ne parlerai pas de ces petites mottes
Qu’à peine l’on ressent sous le talon des bottes .
Ni de merde de chien,pâles et sans odeur ,

Ni de merde de chats à l’infecte vapeur ……
 ….Non je veux parler des étrons humains !

                    

                   -Georges Brassens ,pour sa part ,  écrivit un pamphlet * d’abord intitulé  “ Lalie kakamou  “ puis rebaptisé  “ La lune écoute aux portes  “ ( 1947 )dans lequel il laisse la bride sur le cou à sa verve rabelaisienne ...

                   Émile Ajar (Romain Gary ) a introduit dans son roman “ Gros Câlin “ (1974) un épisode   mettant en scène un python lové dans une cuvette de WC....

                   A côté des ouvrages écrits proprement dits  existe toute une iconographie dont le XIX° siècle fut friand et qui n’hésite pas devant les calembours * les plus rustiques comme cette estampe intitulée “Courrier  des Pays-Bas  “ dont la légende sort du fondement de l’un des personnages !   

                   Au sein de ce genre une place à part doit être faite aux ouvrages  traitant du pet * et de ses divers avatars car cette manifestation naturelle a suscité des écrits  depuis les temps les plus reculés et de manière constante et les plus grands écrivains n’ont pas dédaigné d’aborder ce sujet  qu’il est de bon ton d’éviter de nos jours ...

                   Crépitus , le dieu du pet , était autrefois représenté sous la forme d’un enfant  accroupi et se pressant le ventre .

                   Sans vouloir être exhaustif on peut citer :

                   -Les Egyptiens qui , le considérant comme un dieu   lui dédiaient des ex * -votos du genre : “ Au pet conservateur de la santé , au dieu propice ....” et , exploitant ce filon  , Claude Terrin qui écrivit vers 1727 une « Dissertation sur le dieu Pet  divinisé par les Égyptiens «     

                    -Homère dans son “ Hymne à Hermès “  présente le fils de Zeus émettant un pet dés la présentation à son père .

                   -Aristophane dans “ Les Grenouilles “  présente Xanthias s’écriant “ ....il faut que je lâche une bombe ! “….liberté de parole qui fit écrire à Mme. De Staël « On se demande …..comment il se peut que les grecs aient montré tant de goût dans les beaux-arts et une grossièreté si rebutante dans les plaisanteries « 

                   -Plaute et Martial   mirent  en scène de nombreuses fois dans leurs œuvres ce que Catulle nommait “ ...le Zéphir de Libon , traître et nauséabond ...”  et Martial en fit même le critérium de l’amitié en faisant dire à l’un de ses héros “ Assurément Crispus , nous sommes grands amis ....puisqu’à péter à mon nez tu t’es mis !  “

                   -Nicargue pour sa part s’écria : “ Oui ! Le pet c’est la mort si captif il; demeure ! “ 

                   - Horace , tout en désapprouvant Plaute de s’être complu dans ce domaine , l’aborda lui-même en présentant de cette façon le dieu Priape  : “ Boum ! fit-il , en fuyant l’objet de son dédain ! “

                   -L’empereur Claude , faisant sienne l’affirmation de Quintilien “ Un pet,à temps lâché , pourrait sauver la vie  “ ,n’hésita pas à légiférer en promulgant un édit autorisant ses convives à péter à sa table ...

                   -Saint Augustin rapporte avoir été impressionné par des personnes émettant “ Autant de pets qu’ils en veulent et semblant chanter par cet organe “

                   - Erasme , lui , recommandait la discrétion et “ ...qu’il déguise le son du ventre par un toussement ....”

                   - Rabelais qui  y eût  souvent recours, présente ceux de Pantagruel comme “..faisant trembler la terre à neuf lieux à la ronde ...” et ,dans le quatrième livre de Pantagruel , inventa » Ruach , l’île  du vent « dont les habitants souffrant chroniquement de « Coliques venteuses «   meurent en lâchant des pets sonores ou réservés selon leur sexe

Un médecin se présentant comme l’un de ses compatriotes écrivit vers 1880 une “Histoire du pet du point de vue anecdotique , physiologique et philosophique  “

                   -Ronsard , aussi bien qu’il chanta la rose à glorifié le pet : “ .   

                   “Le pet qui ne peut sortir

                   À maints, la mort fait sentir;

                   Et le pet, de son chant , donne

                   La vie à mainte personne ...”

                   - Montaigne , laissant parler le médecin qu’il était , écrivait : “ Combien de fois notre ventre , par le refus d’un seul pet , nous mène jusqu’aux portes d’une  mort       très angoissante ...”

                   -Les troubadours qui ne reculaient pas devant la gaudriole , à commencer par le  tout premier , Guillaume  IX, qui dés 1100 rédigea des œuvres ou le pet à sa place ...

                   -Les farces du Moyen-age qui le mirent souvent en scène ..:”La farce du pet  “,par exemple, mettait en scène un couple s’entraccusant d’excés de flatulences et s’en  remettant à la justice pour trancher le litige ...

 

                   - Mathurin Régnier le glorifia et Béroalde de Verville dit fort doctement que “Une demoiselle noble fait un pet qui est noble !  “

                   -La  “ Description de six espèces de pets ...” ayant fait partie , avec le “ Catéchisme poissard  *  “  de la trés populaire “ Bibliothèque bleue  *  “  

                   - L’abbé Cotin en fit le sujet de l’une de ses fameuses épigrammes * “ Aucun œil ne me voit jamais ....et je fuis le bruit que je fais ...”

                    -Tallément des Reaux , fort intéressé par le sujet, s’attacha à recueillir les anecdotes concernant  ses concitoyens et c’est ainsi que sont passés  à la postérité les pets du Duc d’ Orléans , du Duc de Bellegarde ou du nonce du pape ....

                   -Swift  et son “ Grand mystère ou l’art de méditer sur la garde-robe  “ (1729)

                   -Les précieuses et Mlle de Scudéry le proscrivaient formellement ...ce qui ne les empêchaient pas de rire  en assistant à la représentation de la pièce d’Edme Boursault dans laquelle il donne la parole au pet lui-même : “ Je suis un humble corps ...et je n’ose faire connaître ni qui je suis , ni d’ou je sors ...”

                   -Mozart en parlait volontiers dans sa correspondance : “ Je fais des pets que j’adore ....”                  

 

  -Au XVIII° siècle Mercier le célébra et Emmanuel Marti écrivit en 1768 une facétie intitulée “ Oratio pro crépitu ventri ,habita ad patres crepitantes  “

                   -Les Goncourt y ont fait quelques allusions dans leur journal :

                   En septembre  1863 ils ont noté une conversation avec Théophile Gautier au cours de laquelle celui-ci  évoqua le goût de  Georges Sand  pour les conversations scatologiques et le plaisir qu’elle prenait à entendre les pets du peintre Marchal ... 

                   En Mai 1886 ils traitèrent de “ Prosateur du trou du cul “  Armand Silvestre qui avait obtenu un certain succés avec ses contes scatologiques publiés dans le journal “ Gil Blas “ et avec son livre “ Les farces de mon ami Jacques “

                   -Flaubert ,quand à lui , ressuscita le dieu romain du pet  Crépitus et lui donna la parole dans “ La tentation de saint Antoine  “ (1874): “ ...quand , plein de murènes ,de truffes et de pâtés,l’intestin du maître se dégageait avec fracas , l’univers attentif apprenait que César avait dîné !  “

                   -Même le très sérieux Furetière ose le nommer dans son dictionnaire et rapporter une coutume anglaise qui le met en scène ...il  serait intéressant  de vérifier si cet article fut repris dans le très prude  dictionnaire de Trévoux établi par des religieux en    s’inspirant  très  fort de celui de Furetière ....

                   -Céline , Sacha Guitry,Colette (qui  ,sans doute en réminiscence des feux d’artifices ,nommait  ses pets “ Marrons  “ ...) ,Cocteau,Pagnol, Boudard,Dard,Céline,Rimbaud, Bukowski,Proust,tzara,Léo ferré ,Gainsbourg ,et des centaines d’autres auteurs l’ont mis en scène d’une façon ou d’une autre ..

                   Parfois , la référence au pet est involontaire et résulte d’une malheureuse allitération * comme dans ce vers “ La vache paît en paix dans ces verts pâturages  “ ....                  

 

Au delà des passages anecdotiques , des allusions ou des épisodes , il y eût quelques ouvrages entièrement consacrés à ce sujet tels que :

                   -« Le plaisant devis du pet « Nicolas Buffet 1540

                   - “Physiologia crépitus ventris ;item risus et ridiculi et elogium nihili  “ . que Goclenius publia en  1607

                   -”Description de six espèces de pets * et les avantages que les bons péteurs en tirent ...” publié en 1770 dans la fameuse “ Bibliothèque bleue * “ par un maître péteur au village de Vesse, province des étrons.

                   -”L’art de péter, essai théoriphysique  et méthodique à l’usage des constipés.....”   par Pierre Hurtault , professeur à l’école militaire (1776) qui établit une typologie géographique du pet entre la province et Paris et  dont une réédition de 1883 proposa le titre “ Pétériana  “ qui pourrait servir à nommer ce sous genre de la scatologie ....

                   -“ Trois Éoliennes  “ qui est un traité .sur les pets publié en 1825 et peu en rapport avec la situation sociale de son  auteur ,Eugène Aroux , député de Seine-Inférieure.

                        -”La crépitomanie ou l’art des pets .Poème didactique en cinq chants “ de Ducastel de Saint Paul paru en 1815

                   -Et bien plus recemment cette excellente  “ Histoire anecdotique du pet “  écrite en 1991 par Jean Feixas et Romi dont nombre de citations illustrant cet article sont extraites ,l’ouvrage “ Les Lieux  “ de Roger-Henri Guerrand qui établit une histoire des latrines * et de la place de la scatologie dans la société ou « Histoire et bizarreries sociales des excréments « de MartinMonestier ( 1997)

                   On a parfois proposé pour désigner ce genre particulier de livres les termes de “ Chiropédie  *  “ “Crépitomanie “ et de “ Foiropédie  *  “

                   Bien que leur sujet ne le soit  pas forcément on peut aussi classer dans cette catégorie certains livres-objet  * utilisant , pour leur réalisation ,des déjections et autres produits répugnants : on peut citer comme exemple l’ouvrage “ Opération Epidemik “ de l’artiste français Joël Rabaut  comportant un flacon d’urine ou les livres de Didier Roth , tel  “Pométrie  “ utilisant du flan avarié et de l’urine .

                   Concernant leur présentation matérielle ces ouvrages se sont généralement faits discrets et se sont dissimulés sous des reliures très neutres voire jansénistes *  mais il en existe cependant quelques uns qui n’ont pas hésité à afficher leur nature par un décor “aux fleurs *  du mal “  émaillé de colombins *,d’aniterges * ou d’allusions plus ou moins claires aux fonctions d’excrétion .

                   Le mot a , bien sûr , servi d’arme dans les propos aigres-doux échangés entre écrivains  comme, par exemple , lorsque, parlant de Rabelais , Robert Desnos émet en 1922 dans « Nouvelles Hébrides « ce jugement péremptoire : « Le terme “Scatologie” définit l’œuvre de Rabelais . »


                  

Les  ouvrages parémiologiques * traitant des proverbes et des locutions proverbiales  on fait au pet une place de choix et  , parmi bien d’autres , on peut citer les expressions suivantes qui ont pu être appliquées à des gens de lettres ou à leurs œuvres

                   « Ne pas valoir un pet de lapin « = « Ne rien valoir «

                   « Faire un pet à la lune « = »Faire une chose insigifiante ou inutile «

                   « Un pet d’âne mort « = « Chose méprisable «

                   « Péter plus haut que son cul « = « Être vaniteux «

                   « Pet de loup « = « Universitaire «

                   « Parler de rose devant le pet du prince « = « Être bassement flatteur 

 

                   Mais le pet  excita aussi la verve dans des domaines aussi divers que  l’épigramme , la musique, la physique   ou le spectacle :

                   -L’abbé Cotin  composa parmi d’autres cette définition du pet : « Celui qui meurt dès l’instant même ou il commence à naître «

                   -Lully composa pour Louis XIV un morceau de musique imitant les pets  de la « Grande mademoiselle « qui , s’il amusa le roi , fut moins goûté par son inspiratrice

                   -Depuis les temps les plus anciens des « pétomanes « se sont donnés en spectacle et ont eu l’honneur de figurer dans les mémoires de l’époque : Saint Augustin en mentionne  un qui sera suivi de bien d’autres jusqu’au fameux Joseph Pujol qui conquit la célébrité à la fin du XIX° siècle .

                   -Jérôme Cardan  étudia le pet sous l’angle scientifique de la physique du son et recensa 62 possibilités démissions différentes

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