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24 mai 2017 3 24 /05 /mai /2017 08:19

ÉGÉRIE

                   Une égérie est une femme * à laquelle on reconnaît une grande influence sur l’œuvre d’un auteur ...elles furent innombrables et celles qui sont passées à la postérité ne doivent pas faire oublier que , probablement , tous les auteurs eurent la leur souvent restée inconnue ...

                   Le mot viendrait du nom d’une nymphe qui dans la mythologie latine aurait joué ce rôle auprès du roi de Rome  Numa Pompilius au VII° siécle Ajc.

                   La marquise du Châtelet (Émilie de Breteuil ) pour Voltaire , Mme de Récamier pour Chateaubriand , Marie d’orval  pour Alfred de Vigny ,Juliette Drouet pour Victor Hugo, Lou Andréa Salomé pour Rainer Maria Rilke , Elsa Triolet pour Aragon ,Catherine Pozzi  pour Paul Valéry  furent de celles-là  mais on pourrait aussi évoquer Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre , Balzac et Madame Hanska et combien d’autres .....!

                   Certains auteurs (mais pas tous ! ..) reconnurent leur influence comme , par exemple Anatole France qui , dédicaçant “ Crainquebille “ à Mme.Arman écrivait : “ À madame Arman ce petit livre que,sans elle je n’aurai pas fait car,sans elle, je ne ferai pas de livres “  compliment un peu nuançé par la remarque verbale  “ Nous en arriverons bientôt à la dictée “ qu’il faisait parfois !

 

                   Le mot aurait été introduit soit par Balzac en 1846 dans « Les Comédiens sans le savoir   « et dans « La cousine Bette « : « Je serais député, je ne ferais point de boulettes , car je  consulterais mon égérie  dans les moindres choses « , soit par Musset  en 1850…et  certains  leur ont donné le titre de muse …(voir ci-dessous )

 

 

MUSE    

                                       

              1)Les muses de la mythologie étaient neuf déesses attachées aux divers arts libéraux dont chacun a suscité nombre d’écrits ...

               En dehors de Clio  , Euterpe  ,Thalie  , Melpomène ,Terpsichore , Erato,Polymnie , Calliope,et Uranie une dixième muse fut parfois inventée par certains :

                       - Pour louer les  nombreuses  femmes écrivains  de talent comme , par exemple , Avogadro, Fedele,Violante de Ceo,Anne Killigrew,Pernette de Guillet,Deshoulières,Mme. du Deffand sacrée “Muse de l’Encyclopédie  “ , Gournais,L’Héritier,Anne de la Vigne , Sapho ,Girardin ....ou Claudine Colletet qui,cependant ,  ne devait son succès qu’au talent de son époux etc...etc ....      

                       -Par Voltaire  qui  disait à ce propos “ ...la saine critique * est la dixième qui est venue bien tard ...” .

                       -Pour la presse par l’anglais Anthony Troloppe  qui ,dans “ The Warden  “(circa 1860),  créa une  “ Dixième muse qui gouverne la presse  “  .

                       -Pour la typographie concernant laquelle on rencontre parfois l’évocation de la muse “ Typosine “ , l’un des premiers a en avoir fait mention étant Jacques Grévin dans “ Gélodacrye “ ( 1561) suivi de Du Bellay qui ne la cite pas nommément mais lui reconnaît ,dans “ Défense et illustration de la langue française “ (1549) , le caractère de dixième muse.

                       2)Le mot, qui est   parfois employé comme synonyme d’ “ Égérie  *  “ ou d’ “Inspiratrice *  “  figure dans quelques expressions populaires telles que :

                       -”Taquiner la muse  “ : écrire des textes littéraires en guise de distraction et sans prétentions à la renommée .

                       -”Être inspiré par les muses “,”Avoir la faveur des muses “  ou “ Être l’amant des muses “   :Avoir du talent .

                       -”Cultiver les muses “: Se livrer à des études littéraires .

                       3)Employé comme nom commun le mot peut  qualifier le genre de  littérature  d’un pays ou le style d’un auteur : “ La muse de l’Italie “ , “ La muse de Rousseau  “ ....mais dans cet emploi il est vieilli .

                       4)Leur nom a,en outre,  été souvent utilisé soit dans des évocations littéraires , soit dans le nom d’associations , d’organismes à vocation littéraire , historique , musicale, de librairies  et même en gastronomie ou la « Muse verte « est l’absinthe ou  une variété de pastis   etc ...

                       Il figure en outre dans nombre de titres d’ œuvres littéraires comme par exemple :

              “Les neuf muses “ de Francisco Quevedo (circa 1640 ) ,”Le dictionnaire des muses  “ de Mmes de Scudéry,de la Suze,de Vivonne et d’Angennes.(XVII° )  “ La muse du département  “ d’Honoré de Balzac (1843) ,’”Les muses d’état   “ de Victor de  Laprade ( 1861), “ La muse au cabaret  “ de Raoul Ponchon ( 1920), “ La muse tragique  “ deHenry James (1891),”Les muses oubliées  “ (Florilège de Voiture , Bensérade etc ...-1922) etc ...etc ...

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