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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 09:20

DURABILITÉ                                                                                                       

                                   Comparés à d’autres biens le livre et les documents sur papier apparaissent au premier abord bien plus fragiles et  sont instinctivement jugés moins durables .

                                   Cela est vrai si l’on s’en tient à des critères élémentaires et comparer un livre à une maison  ne laisse guère de place à l’hésitation ...

                                   Mais si l’on intègre des facteurs plus complexes et que l’on replace les choses dans un contexte plus réaliste on se rend compte que “ le livre “ pris au sens large a une durabilité infiniment plus grande que bien d’autres choses réputées plus solides.

                                   On peut, par exemple, remarquer que , si les ouvrages du XV° siècle abondent dans les bibliothèques , bien moins de batiments de cette époque subsistent et l’on pourrait multiplier cette remarque à travers le monde à l’infini ....

                                   Hormis les  soubresauts de l’histoire ou des livres furent détruits  les livres anciens n’ont pas toujours  été chassés par les nouveaux ...ils sont rentrés dans l’ombre des bibliothèques et y sont encore en nombre significatif ...

                                   Il n’en est pas allé de même pour toutes les autres réalisations humaines qui ont , la plupart du temps, bâti du nouveau en faisant table rase de l’ancien !

                                    

              Victor Hugo  avait souligné  ce fait  dans « Notre dame de Paris «en faisant dire à Claude Frollo comparant un livre à la cathédrale : « Hélas ! Ceci tuera cela . », réflexion qui est le titre du second chapitre du livre V de ce roman …et l’on trouve cette réflexion dans d’autres écrits du même auteur : « L’architecture est le livre théocratique que détrônera l’imprimerie … » et « Comment s’étonner que l’intelligence humaine ait quitté l’architecture pour l ’imprimerie ? «» Aux letres de pierre d’ Orphée vont succéder les lettres de plomb..le livre tuera l’édifice ! «  

 

                                                                       On peut donc sans crainte énoncer le paradoxe qui veut que le “ livre  “ soit plus durable que la plupart des réalisations humaines !

 

                        Mais , ceci étant posé on peut se demander   quels genres de livres résistent le mieux au temps  et , force est de constater que tous ne traversent pas également les siècles ...

              Owen Gingerich parle dans « Le livre que nul n’avait lu «   de la « Loi de Stoddard » édictée par un éminent bibliothècaire de Harvard et qui veut que  les gros livres résistent bien mieux au temps que les petits .

              Il y a à cela de multipes raisons  tenant principalement  à la facilité de transport des livres de petit format et donc à la multiplication des causes de perte ou de détérioration, à leur aspect moins intimidant , au fait qu’ils sont souvent  reliès de façon moins  solide et soignée , voire simplement brochés etc ….

              Quelles qu’en puissent être les raisons  les faits sont là : les ouvrages anciens de grand format sont  la plupart du temps restés dans les bibliothèques publiques ou privées ( on ne transporte pas facilement les « Oiseaux d’ Audubon « par exemple …) et s’y trouvent en plus grand nombre que les livres de petit format

 

    • Mais,toute règle souffrant des exceptions  , c’est parfois leur grand format qui a conduit certains ouvrages à leur perte et l’on peut citer comme exemples  l’utilisation d’exemplaires de la« Description de l’Égypte » de Vivant Denon lors des inondations de1910 pour confectionner un barrage dans les sous-sols de la faculté des sciences de Paris  ou au XIII° siècle l’utilisation par le chef Mongol Hulagu des grands  livres de la bibliothèque de Bagdad pour réaliser un passage à gué du Tigre .
  • VIEILLISSEMENT                                                                                                                   

                  La résistance au vieillissement des documents écrits est extrêmement variable et dépend de nombreux facteurs dont les principaux sont la nature du support, les encres utilisées et les conditions de stockage .

                  Les siècles passés ont utilisés des matériaux et des encres qui se sont souvent avérés pérennes : le papyrus* , le papier* à base de chiffon* , l’os *, l’argile * cuite, l’ivoire * , le bois *, le tissu *  etc ...malgré les attaques diverses dues à l’humidité , aux rongeurs , aux insectes ou autres ennemis  le la chose écrite ont relativement bien résisté car en général exempts de facteurs d’auto-destruction .

                  La période moderne semble plutôt en retrait dans ce domaine et nombre de médias utilisés aujourd’hui  sont fragiles ou s’auto-détruisent  :

                  -Les papier à base de pâte de bois ont un taux d‘acidité * trop élevé  qui conduit à leur destruction en quelques vingtaines d’années .

                  -Les encres à base d’aniline * ,de stylo à bille , du ruban encré des machines à écrire tendent à s’effacer , à disparaître d’elles-même et sans aggression extérieure ou à ronger  leur support

                  -On connaît encore mal le vieillissement des toners * de photocopieuses  mais , selon toute probabilité , leur tenue dans le temps  ne sera pas très bonne …il en vade même pour les encres des machines à « Jet d’encre «   dont la durée de vie , mal connue est estimée entre 30 et 100 ans ….

                  -Les supports sur bande  magnétiques, audio ou vidéo ,  sont fragiles et tout le monde a fait l’expérience de cassettes-audio devenues illisibles en à peine dix ans soit par dégradation physique ou mécanique du support ( « Syndrome du vinaigre « et « Sticky-Shed syndrome « …) soit par démagnétisation .

                  -Les supports numériques(disques gravés, CD , Clés USB, Mémoires-Flash, Blue-Ray , Disques durs  …. ) paraissent un peu plus fiables mais on connait encore très mal leur capacité à vieillir.et les estimations avancées  , 10 à 30 ans , ne sont guère encourageantes ….

                  -Les supports photographiques peuvent être estimés fiables à 100 ans sous réserve de conditions de stockage rigoureuses mais encore n’est on pas à l’abri de variations selon les films  employés ...(ceux qui ont  utilisé certaines émulsions des années 60 et qui se trouvent à la tête d’une magnifique photothèque de couleur lie de vin uniforme savent  ce que je veux dire ! ...)

                  Le “ Papertex  *  “  ou papier permanent est certes une réponse à ce problème mais au rythme de sa généralisation , ce sont des millions de documents qui disparaîtront d’eux-mêmes dans les proches années à venir ! .

                  Un autre problème est le vieillissement artificiel accéléré pratiqué par les faussaires pour faire croire à l’ancienneté d’un document : dans ce domaine interviennent une foule de procédés et d’ingrédients parfois inattendus qui peuvent être ordinaires tels tel que café , thé ou sucre et ,plus sophistiqués comme la soude ou des  produits chimiques divers ,mécaniques par froissage ou  salissage et  naturels par exposition au soleil ou aux intempéries

 

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